La Mairie / Régie nous mène une cour effrénée: Service voiturette, eau déminéralisée et vidange des eaux noires. La maison ne reculant devant aucun sacrifice, bouteilles de Côtes de Provence et petits fours traiteurs sont au menu de la sérénade.
Devant tant de démonstrations d’amour, certains ont les pommettes qui s’empourprent et sont prêts à signer un contrat de marriage pour les 35 ans à venir.
Nous devons à ces rosières une mise en garde : la réalité du ménage sera plus cubitainer et biscuit sec les jours fastes, ce qui est conforme à la doctrine municipale et bonne gestion des deniers publics.
Ne nous y trompons pas, ces services que notre prétendant met à nos pieds, tous aussi « gratuits » qu’inutiles aux résidents, sont financés par nos redevances portuaires. Triste retour de la romance à la réalité.
Ces services sont en premier lieu adressés à sa très lucrative clientèle de passage, le goujat courant deux lièvres à la fois.
Grand seigneur, notre soupirant met son cocher et son phaéton à notre disposition pour nous emmener là où il nous plaira dans la Cité lacustre, nos cœurs chavirent…
Ne payons nous pas déjà dans nos charges coches d’eau et autres « mobilines » pour assurer cet usage? Il est vrai que les clients de notre prétendant n’en bénéficient pas…
En voilà une idée qu’elle est bonne ! Pour rincer nos bateaux, nous allons arpenter les kilomètres de rues de Port Grimaud avec un arrosoir pour aller puiser l’eau à la source de la Régie.
Nous avons tous une manche à eau sur nos quais, alors à quoi bon ce « service »?
Selon le cabinet d’études mandaté par notre bienfaiteur, cela épargnerait à nos blanches mains la corvée de « passer la peau de chamois sur la coque de nos navires » (sic). Il nous en coûterait 2 000 000€, mais quand on aime, on ne compte pas.
Autre service indispensable, la vidange des eaux vannes. Pour cela, une barge et son personnel sont mobilisés pour répondre gracieusement à chacun de nos engorgements.
Combien de résidents ont un bateau qui dispose de cuve à eaux noires ou grises ? Parmi les résidents qui en disposent, combien les utilisent durant la saison ?
Encore une fois, il s’agit de services « offerts » à la clientèle de passage mais dont les coûts sont supportés par l’ensemble des Port Grimaudois.
Ne nous est-il pas souvent rappelé que c'est le bénéficiaire du service qui doit payer ?
Être pareillement cocufié pendant les fiançailles devrait nous inciter à la plus grande prudence.
Si nous devions être forcés à conclure un mariage de raison avec ces aigrefins, il faudra sérieusement se pencher sur les termes du contrat de mariage.