À la suite des opérations de dragage réalisées en mars 2025 par la Régie du Port de Grimaud, plusieurs résidents ont exprimé des inquiétudes concernant l’état de la grande plage. Afin d’y répondre de manière objective et transparente, l’association Vivre et Aimer Port Grimaud (VAPG), en collaboration avec l’ASP de Port Grimaud 1, a pris l’initiative de commander plusieurs analyses sur les sédiments concernés.

Une vigilance citoyenne

Cette démarche vise à garantir une information fiable sur la qualité du sable, la présence éventuelle de polluants, et les risques pour l’environnement ou la santé publique. Les prélèvements ont été effectués le 2 avril 2025, sous contrôle de Me Wiss, huissier, et analysés par le Laboratoire Départemental d’Analyse et d’Ingénierie.

Une méthodologie rigoureuse, des résultats à surveiller

Trois zones ont été prélevées :

  • la zone de stockage des sédiments issus du dragage,
  • la zone de roulage des engins de chantier,
  • une zone témoin située à distance, en dehors des zones concernées.

Les analyses ont révélé les éléments suivants :

Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)

Des HAP ont été détectés dans les zones de stockage et de roulage, mais absents dans la zone témoin. Ces composés sont généralement liés aux activités portuaires (résidus de combustion).

Toutefois, les concentrations mesurées restent en dessous des seuils réglementaires de vigilance (seuils N1) fixés par les autorités environnementales (Ifremer, Cedre, BRGM). La présence ponctuelle de certains contaminants, bien que sous les seuils, témoigne que l’opération de dragage n’a pas été sans incidence sur le milieu.

Selon l’association, on peut parler ici de contamination ponctuelle, mais pas de pollution au sens strict du terme, en l’absence de dépassement des seuils réglementaires. Ce constat reste sous réserve de toute mention contraire dans les jours à venir de la part des organismes que nous avons sollicités, notamment la DREAL, l’ARS, CEDRE et la DDTM.

Conductivité et sulfates

Les zones de stockage et de roulage présentent une conductivité électrique significativement plus élevée, ainsi qu’une concentration accrue en sulfates lixiviables. Ces indicateurs suggèrent une minéralisation plus forte, possiblement due aux matériaux dragués ou à des apports anthropiques.

Granulométrie

Une texture plus grossière des sédiments a été observée dans les mêmes zones, ce qui peut modifier temporairement les caractéristiques naturelles du sable et affecter l’écosystème littoral.

Une attention à renforcer sur le suivi des chantiers

Les opérations de dragage sont autorisées sous condition du respect d’un cahier des charges émis par la Préfecture. Ces actions sont en effet strictement encadrées par les prescriptions émises par la Préfecture du Var, visant à limiter les impacts sur les milieux naturels (voir le document de la Préfecture).

Elles imposent notamment des mesures précises pour éviter les pollutions accidentelles : zones étanches pour le stockage de carburants et de produits chimiques, nettoyage régulier des engins, surveillance continue de la qualité de l’eau, matériel de confinement en cas d’incident, tenue d’un registre d’incidents, etc.

Des précautions spécifiques visent à éviter toute pollution du sol, des eaux de surface, ou des plages : nettoyage des voiries, contrôle de la propreté des engins, surveillance des zones de roulage, barrages anti-MES, et suivi de la transparence de l’eau.

Ces exigences appellent à une attention renforcée sur le terrain : leur mise en œuvre effective ne peut reposer uniquement sur les entreprises mandatées. Il est essentiel que la maîtrise d’ouvrage, la Commune et les citoyens puissent disposer de toutes les informations nécessaires à une surveillance indépendante et continue.

Une demande de transparence

L’association VAPG s’est donc rapprochée de la Mairie afin de demander si un bilan de fin de travaux a bien été réalisé, et si oui, qu’il soit porté à la connaissance des résidents, notamment en ce qui concerne les contrôles de la qualité de l’eau prévus dans le cadre des prescriptions préfectorales.

Une mobilisation citoyenne continue

L’association VAPG réaffirme son engagement pour une gestion rigoureuse et respectueuse de l’environnement, dans le respect des équilibres naturels et de la santé publique.

Nous continuerons à vous tenir informés des suites données à cette analyse, ainsi que des éventuelles réponses que nous pourrions recevoir des autorités sollicitées.

Dans cet esprit, nous avons adressé une demande à la Mairie afin de savoir si un bilan officiel de fin de chantier a été établi et si des contrôles de la qualité de l’eau ou des milieux avaient été réalisés, dans le but d’en partager les résultats avec les résidents.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de coopération et de transparence, sans mise en cause, dans l’intérêt commun de tous les usagers et habitants de Port Grimaud.

Crédit photo : © VAPG