Depuis ce week-end, quelques cygnes tuberculés (Cygnus olor) se promènent tranquillement dans les canaux de Port Grimaud.
Merci aux résidents qui nous ont transmis leurs photos et videos. C’est en effet une visite qui sort un peu de l’ordinaire, car ces grands oiseaux blancs vivent plutôt sur les lacs et les étangs d’eau douce. Mais cela arrive de temps à autre dans nos canaux, qui du fait de leur eau légèrement saumâtre, un mélange d’eau douce et salée, leur offrent un abri paisible, presque un petit lac au bord de la mer.

Vous les avez sans doute remarqués, d’autant qu’actuellement ils se baladent à cinq dans les canaux. Ici, ils trouvent de quoi se reposer et voguer calmement entre les pontons et les bateaux. Il est assez rare de les voir s’envoler : ces grands oiseaux ont besoin d’un long élan pour décoller. Quand cela arrive, leurs ailes puissantes produisent un sifflement particulier et un battement très sonore qu’on entend bien au-dessus de l’eau. La plupart du temps, ils préfèrent rester posés, tant qu’ils se sentent les bienvenus.

Si ces cygnes tuberculés se plaisent à Port Grimaud, c’est parce que nos canaux calmes leur offrent un refuge tranquille, avec suffisamment de plantes aquatiques pour se nourrir. L’eau légèrement saumâtre ne leur pose pas de problème : comme d’autres oiseaux d’eau, les cygnes possèdent des glandes à sel situées à la base de leur bec. Ces glandes leur permettent d’éliminer l’excès de sel qu’ils peuvent ingérer en filtrant l’eau ou en broutant des herbiers dans des zones mi-douces, mi-salées. Cela leur donne la capacité de s’adapter facilement aux estuaires, aux lagunes ou aux ports comme le nôtre, là où l’eau est un mélange d’eau douce venue de la Giscle et d’eau salée de la mer.

Pour que ces visiteurs reviennent nous voir, on peut les admirer à bonne distance, éviter de les nourrir (le pain, par exemple, ne leur fait pas de bien) et surtout préserver leur tranquillité.
On peut noter que c’est une des espèces qui nous rappellent que Port Grimaud, posé entre mer et marais, relié à la Giscle et nourri par son eau saumâtre, garde les traces de ses origines et d’un écosystème bien à part. Un point important pour ce lieu bien plus riche en biodiversité que ce qu’il pourrait paraitre.

| Nom commun | Cygne tuberculé |
| Nom scientifique | Cygnus olor |
| Famille | Anatidae |
| Description | Grand oiseau blanc avec un bec orange vif, marqué d’un bourrelet noir à la base. Long cou en forme de « S ». |
| Taille | 140 à 160 cm de longueur d’une envergure jusqu’à 240 cm |
| Poids | 9 à 12 kg |
| Répartition | Europe, Asie tempérée, introduit en Amérique du Nord. Plans d’eau douce ou saumâtre. |
| Habitat | Lacs, étangs, marais, rivières calmes, estuaires, ports. |
| Régime alimentaire | Plantes aquatiques, algues, petits invertébrés. |
| Mode de vie | Monogame, vit seul, en couple ou en petite troupe. Territorial en période de nidification. |
| Reproduction | Nid flottant ou au bord de l'eau. Ponte : 5-7 oeufs. Les cygnons restent longtemps avec les parents. |
| Comportement | Peu farouche, défend son nid vigoureusement. Besoin d'une longue distance pour décoller. |
| Statut UICN | LC (Préoccupation mineure) |
| Menaces | Pollution, blessures dues aux déchets, nourrissage inadapté (pain). |
| Signe particulier | Bruit de sifflement des ailes en vol, audible de loin. |