Mercredi 10 septembre après-midi, nous avons eu le plaisir d’observer une quarantaine de flamants roses (Phoenicopterus roseus) qui ont survolé nos canaux et plages. D’où viennent-ils, et que font-ils ici ? Voici quelques éléments à pour en savoir plus.

D’où viennent-ils ?

Le flamant rose est l’oiseau emblématique de la Camargue, où se trouve la plus grande colonie de reproduction en France. Depuis le début des années 1970, des milliers de couples nichent chaque année sur l’îlot de l’étang du Fangassier, grâce à un programme de protection et restauration mené par le Conservatoire du littoral et le Parc naturel régional de Camargue. Aujourd’hui, on estime que 55 000 flamants fréquentent la Méditerranée française en été, et 30 000 y restent en hiver.

Et les flamants d’Hyères dans tout ça ?

Plus près de Port-Grimaud, les salins d’Hyères accueillent toute l’année un noyau stable d’environ 900 flamants roses (chiffres LPO PACA). Ces marais salants, gérés par le Conservatoire du littoral et la LPO, offrent des eaux peu profondes riches en invertébrés. Certains oiseaux aperçus à Port-Grimaud pourraient donc provenir directement de ce site, soit après y avoir hiverné, soit en transit entre la Camargue et d’autres lagunes méditerranéennes. Leur présence régulière à Hyères explique que des groupes fassent parfois un crochet dans le golfe de Saint-Tropez.

Pourquoi les voir à Port-Grimaud ?

Les flamants se déplacent pour répondre à deux impératifs majeurs : nourriture et repos. Ils filtrent l’eau pour capturer des invertébrés, notamment la crevette Artemia salina, qui leur donne leur couleur rose typique grâce aux caroténoïdes . Lorsque les zones humides traditionnelles deviennent moins productives ou sont encombrées par d’autres congénères, certains oiseaux partent explorer des milieux moins pertubés, comme les lagunes côtières ou les étangs peu profonds. C’est là que Port-Grimaud joue un rôle important, entre eau salée et saumâtre et grâce à ses plans d’eau calmes et moins fréquentés, cela leur permet une halte parfaite.

Peuvent-ils séjourner à Port-Grimaud ?

Oui, mais pas pour longtemps. En général, les flamants roses restent peu en dehors de leurs zones de reproduction ou d’hivernage. En Camargue, 50 000 individus fréquentent la région au printemps / été, tandis qu’en hiver, environ 25 000 restent. Cette tendance montre une certaine flexibilité : certains restent sédentaires, d’autres migrateurs, et d’autres encore alternent selon les années et les conditions.

Un séjour prolongé à Port-Grimaud dépendra donc de la disponibilité de nourriture et de la tranquillité du site : si les conditions sont favorables (alimentation et absence de dérangement), quelques jours de halte sont possibles. 

Ouvrez l’oeil, il y a des chances pour que vous les aperceviez en ce doux mois de septembre ! 

Et à suivre bientôt, une jolie histoire à propos de cet animal sur Port‑Grimaud…

Fiche naturaliste – Flamant rose Phoenicopterus roseus

Famille :Phoenicoptéridés
Taille :1,20 à 1,70 m (envergure jusqu’à 1,65 m)
Poids : environ 2,5 à 3,5 kg, jusqu’à 3,5 kg pour les mâles adultes
Habitat :lagunes salées, étangs saumâtres, marais littoraux (Camargue, salins d’Hyères…)  
Alimentation :larves, invertébrés (notamment Artemia salina), algues, à l’origine de son plumage rose grâce aux caroténoïdes
Reproduction :nidification en colonies (parfois de 10 000 couples et plus) sur des îlots vaseux, avec un œuf unique par couple
Cycle migratoire :certains individus migrent vers l’hiver (Afrique, bassin méditerranéen), d’autres restent hiverner localement
Longévité :plus de 30 ans, avec des individus observés depuis les années 70 en Camargue
Statut de conservation :“Préoccupation mineure” (IUCN), protégé en France depuis 1981, inscrit à la directive Oiseaux de l’UE.

Crédits photos : © Natacha Balaÿ