De Port Grimaud au cinéma, on connaît Les Biches de Claude Chabrol, tourné en 1968, ainsi que l’une des dernières scènes de Le Gendarme se marie de Jean Girault, tourné la même année. Ces deux films laissent entrevoir la cité lacustre dans quelques séquences.
Dans le premier, apparaît un Port Grimaud fantomatique, encore en construction ; dans le second, l’une des premières tranches, tout juste achevée autour de la place des Six Canons.
Pourtant, une autre œuvre de fiction, tournée en 1982 pour la télévision cette fois-ci, fait la part belle à Port Grimaud en y situant son action. Elle est disponible sur le site de l’INA.

Les Cinq dernières minutes était une série policière très populaire en France dans les années 60, 70 et 80. La longévité de cette série fit que les acteurs principaux se succédèrent au fil des décennies.
C’est donc l’un des épisodes de cette série fleuve qui a pris Port Grimaud pour décor, dans un épisode intitulé Rouge marine. Cet opuscule appartient à la deuxième époque de la série, avec Jacques Debary (le commissaire Cabrol) et Marc Eyraud (l’inspecteur Ménardeau) dans les rôles principaux.
Cet épisode, qui situe son action dans la cité lacustre en lui donnant presque le rôle-titre, ne la nomme jamais. Cela explique certainement pourquoi ce film reste sous les radars des recherches « Google » des passionnés de Port Grimaud.
Le caractère unique et les spécificités de la cité sont pourtant largement mis en avant. Sa localisation n’est pas non plus un mystère, puisqu’il est mentionné qu’elle se situe dans le golfe de Saint-Tropez.
Taire le nom de Port Grimaud permet aux auteurs de développer, en introduction, un discours très polémique sur l’œuvre de François Spoerry (évoqué dans le film sous le nom de Denis Desfous), en la cantonnant à une sordide affaire de promotion immobilière, « une marina sortie d’un marécage infesté de moustiques ».
Ces attaques peuvent surprendre, car elles sont complètement décorrélées de l’intrigue de l’épisode.
Pour autant, nous ne bouderons pas notre plaisir de voir Port Grimaud utilisé comme décor naturel pour ce long métrage d’un format de 90 minutes.
Le tournage ayant eu lieu en 1982, le film donne à voir le Port Grimaud de l’époque, en suivant les personnages dans leur déambulation au cœur de la cité.
L’une des maisons de l’île des Quatre Vents prête ses extérieurs à une partie de l’action, tout comme la maison Spoerry, au bout de l’île Longue, qui accueille plusieurs séquences.
Les Cinq dernières minutes : “Rouge marine”, à voir sur la plateforme Madelein de l’Institut National de l’Audiovisuel — madelen.ina.fr
